Forum Seniors

Ce forum est désactivé.

 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | .
 

  Ma jolie Rose, rien qu’à moi et sans épines !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Foudre Bénie


avatar

Masculin Cancer Messages Messages : 798
Date d'inscription 16/10/2013
Localisation (B)

MessageSujet: Ma jolie Rose, rien qu’à moi et sans épines !   Lun 20 Juin - 19:32

Note préliminaire:
Ces paragraphes, s'insèrent dans le chapitre "Vacances" de ma bio, sachant que je n'en avais que deux sortes à ma dispo (si je puis dire):
1) à la campagne chez ma Tante Hélène, mais seulement pour une, voire deux semaines maxi, cela dépendait surtout du bon vouloir de ma Tante. J'ai dû y séjourner entre mes 8 ans et 12 ans, pas plus. C'est bien sûr l'endroit qui avait mes préférences, ne serait-que par son côté individuel et nourriture offerte.
2) la "colonie du jour" qui, comme son intitulé le suggère, consistait à passer la journée 5 fois par semaine dans un endroit ressemblant à un parc - le nôtre avait +/- la dimension d'une terrain de foot -, avec sablière pour les petits, tobogan, balançoires, manège tournant à cordes. Cette 'colonie' devait être réservée plusieurs mois à l'avance et courait sur les deux mois d'été, ce qu'on nommait les 'grandes vacances'. On y servait un lait à 10h., un déjeuner, et un goûter vers 15.30h. Bien que le repas principal fut correct côté hygiène, ça n'avait rien à voir avec les cantines scolaires actuelles qui sont dit-on plus soignées. Cette colonie est la seule où pouvaient se côtoyer garçons et filles, tout en étant très surveillés, et dont les jeux ne se mélangeaient pas ou alors le dernier jour qui était une sorte de fête finale avec saynettes, concours.

LEXIQUE pour aider à la compréhension...
"Bollewinkel", terme néerlandais (mais plutôt dérivé en bruxellois) qui désigne un magasin qui vend essentiellement des bonbons et friandises d'alors ; comme par hasard ils sont plusieurs et situés tout près des écoles, autant dire qu'il sont très prisés...
"spites de chiques", c'est un terme utilisé aussi bien en bruxellois qu'en wallon et désigne une personne présentant de nombreuses mini-taches sur les bras et le visage. Le nom scientifique est : 'éphélides'. Spites signifie éclaboussures, et chique fait bien sûr référence à ce que les hommes mâchaient avant la guerre et non du chewing-gum...


Ma jolie Rose, rien qu’à moi et sans épines ! Rosette Molens.
D’abord et avant tout, faut que j'vous dise que Rosette est follement belle. Déjà qu'une rose c'est beau mais avec un suffixe 'ette' ça en jette. Bon, d’accord, la beauté est chose subjective, mais moi je la trouve belle, et elle a du chien. Wouaf ! D’ailleurs, si par une magie céleste je pouvais vous la faire apparaître, vous seriez de mon avis, na ! Bon Dieu de bon sang qu’est-ce qu’elle dégage comme ondes positives c’te fille, je ne vois plus qu’elle. J'en rêve, enfin presque car quand je dors, ben je dors. Disons que je rêve moitié elle, moitié jouets.
Une belle et longue chevelure flamboyante d’un roux mordoré, coloris qui évolue sous le soleil. À faire danser la gigue à un Irlandais. Elle affiche un visage parsemé de minuscules taches de rousseur. Moi j’ai toujours trouvé ça incroyablement sexy, les fameuses « spites de chique   », quelque chose dont je vous ai déjà parlé et qui sort de l’ordinaire. Bon, il est vrai que je n’en subis pas les sarcasmes personnellement, car oui, certains s’en moquent ouvertement. Les roux ont des taches de rousseur ! Cet ostracisme imbécile perdure de nos jours paraît-il. Quelles andouilles ! D’aucuns ricanent, essaient de me déstabiliser en clamant qu’elle s’est mise au soleil sous une passoire. Eh ben, dans ce cas c’est une passoire dorée les gars, j’en témoigne. On dirait la Rita Hayworth en miniature. Mieux que la Rita d’ailleurs, d’autant que cette dernière n’existe que sur écran, en deux dimensions seulement, et faut payer pour la voir, elle !
Je les ignore ces p’tits cons, et puis, c’est ma Rosette-star, voilà tout. Elle a un visage plutôt rond et des yeux rieurs qui ne ferment pas la porte d’office. Physiquement en avance pour son âge, elle est musclée, probablement sportive, de plus elle a des gambettes, des mollets, à damner un moine cistercien. Ça aussi c’est mon critère de choix chez les filles. À quoi d’autre penseriez-vous ?…Qu’est-ce que vous alliez imaginer de plus apparent, bande de lubriques ? À cet âge les rondeurs se font encore modestes. Quoique.
On a eu le béguin, façon Roméo & Juliette, le temps d’une belle saison. Peut-être deux mais je n'en suis plus très sûr. Saison en forme de conte Shakespearien. Notez que j’ignorais l’épilogue de ce conte, heureusement.
Je ne sais pas ce que vous en pensez mais elles en connaissent un sacré bout les filles, côté attirance. Au lieu de chanter : « Y’a de la rumba dans l’air », Alain Souchon aurait plutôt dû écrire ‘’des phéromones dans l’air’’, j’aurais pu le paraphraser en la voyant. Sans parler des fringues et fanfreluches. Elles ont ça dans les gènes, pour sûr que ça les parcourt de haut en bas. Un rien les rend plus belles ces diablesses de gamines, et ça nous emballe à tous les coups, dans le genre bonbon sweet and sour. À côté d’elles on a l’air de brouettes, nous les musclés des Batignoles. Une petite jupe plissée froufroutante, des socquettes , une breloque au cou ou au poignet, la taille fine et l’avant-plan prometteur, t’es cuit à point dans la poêle à frire ! On rigole mais faut bien que quelque chose d’intraduisible attire l’attention, non ? Elles l’ont cette chose invisible. Cela ne signifie pas qu’elles s’abstiennent de nous reluquer à leur tour, de chuchoter entre elles, mais elles le font en cachette, en circuit fermé. Nous pas, on en fait des tonnes, normal, on est des mâles en devenir, non ?
Historiquement, ce n’est pourtant pas là dans ma plaine du Far-West que nos regards se sont accrochés mais à l’école, probablement l’avant dernière ou dernière année primaire, autour de nos onze ou douze de printemps. Je ne sais plus trop. Mais ce que je sais par contre, c’est que fut un coup de tonnerre mutuel, un de ces jours où l’on rêve à la récré, par-delà la ligne de démarcation. Un de ces jours où on n'est pas en forme pour les jeux de guerre et autres ballons.
Pan dans l'oeil et dans le coeur ! Le bel hasard. Hasard ? Pas tout à fait. Je m’emmêle les pinceaux, là ! Faut que je vous dise comment « on » fonctionnait côté sentiments et frôlements car vous n'avez plus aucune idée de ce que pouvaient être les relations entre sexes opposés mes gaillards, même à 10 ou 12 piges.

En dépit des barrières qui n’ont jamais rien empêché, vous le savez autant que moi, les gamins de cet âge ont l’habitude de se ‘trouver’ une copine, voire de s’en inventer une pour ceux qui ne sont vraiment pas gâtés par la nature ou qui manquent d’initiative. Notez bien que pour ceux-là mentir est risqué car à force de ne pas les voir ensemble au moins une fois ou deux, l’entourloupe finit par être éventée. Les moches, les tocards ou ceux qui sentent mauvais restent donc dans leur coin à ruminer leur infortune. Timides ou pas, dans les faits la vantardise est la règle, on parade comme des petits paons : « t’es avec qui toi ? Euh moi j’suis avec X. Hein ?! Mais comment t’as fait ? Salaud, hé la mienne est plus chouette quand même !». Brièvement dit et compris, faut ‘’être avec quelqu’un’’. Ce ne sont pas les formes grammaticales alambiquées qui nous effraient, mais en la matière nous sommes peu acheteurs. On fait court et fainéant.
Hé, de leur côté si vous croyez que les filles restent les bras ballants à attendre que tombent les mouches, vous êtes sérieusement paumés. D’une manière ou d’une autre, elles font savoir que…elles s’arrangent pour…enfin, vous voyez le topo, rien que le regard ça aide. En tout état de cause, y a intérêt à avoir un répondant féminin sous peine d’être regardé comme un demeuré, un laissé pour compte qu’on charrie avec force condescendance, de pitié pour le faibles, le Darwinisme n'est pas loin. Ce qui explique encore les quelques rares tricheries.
Par parenthèses, pour ne rien vous cacher, pour que vous sachiez tout, abso-lu-ment tout, je n’ai pas remarqué ni côtoyé de déviance, dérapage façon pédérastie, en tout cas pas à cet âge-là. Les anomalies, perversions, apparaissent plus tard et en l'espèce c'était quand même très rare, même chez les "grands". Je n'ai aucun exemple en tête. On faisait bien touche-pipi pour rigoler entre nous, comparer nos attributs à l’occasion des cours de natation mais ça s’arrêtait là, on découvrait cette chose là en bas dans le froc qui devait bien servir à quelque chose plus tard, mais à quoi, comment, et quel est ce plaisir charnel dont les adultes font un tel interdit ? Les prémisses de la sexualité à apprendre par soi-même, sur le tas, ce qui est à tout prendre la moins bonne des façons. Mais vous savez cela bien entendu.
Donc, je continue, pour s'allier avec une belle, on s’adresse à un copain qui a une sœur ou une cousine qui connaît une autre fille, qui copine avec…etc., ou alors on s’arrange avec un gars plus âgé, ou du quartier, qui la connaît directement par voisinage ou par famille et on lui demande de jouer à l’entremetteur, de provoquer le contact. Voilà. Simple non ? Enfin ça c’est la théorie, y a des ratés ou bien la garce joue sur deux tableaux à la fois, genre papillon, collectionneuse au palmarès redoutable, mais quand on se limite aux balbutiements, aux regards énamourés, aux contacts guère plus proches que mètriques, où est le mal ? Gare quand même aux frictions, aux jaloux. Peut-être est-ce ma cousine Jacqueline qui favorisa les prémices de mon affaire puisqu’elle était dans la même classe, je ne saurais vous dire, mais tout compte fait ce n’était pas trop son style, ma cousine était du genre sérieux, dans le genre guindé : « fais gaffe à la baffe » ! Faut dire que sa mère, ma tante Josée, tenait la laisse très très courte. P'tet même que ça devait l'étrangler un chouïa, allez savoir.

Donc, disons que j’étais paré de ce côté. Enfin, c’est une façon de parler car le plus dur reste à faire. Oui, il reste le gros problème : se côtoyer durablement, plus près que la portée d’une flèche de Cupidon, sinon à quoi bon s'esquiter. Et ça mes bandits, c’est une autre paire de manches, je vous le dis sans détour. Déjà rien qu'à distance j’ai le front et les bajoues qui prennent la teinte pivoine, alors vous imaginez les approches et ce qu’elles ont de sinueuses…Parce qu’un regard qui s’accroche entre la belle et le chevalier c’est bien beau comme promesse, mais encore faut-il trouver le pont-levis car ce type de forteresse possède un fossé plein de crocos. Dans mon sac à malices, là, je n’ai rien à disposition, ça dépasse mes armements classiques, les filles ça ne joue pas au Bertrand du Gesclin contre les anglais. Bingo ! cette fois-là j’ai quand même eu du bol. Par extraordinaire, c’est sa sœur aînée qui arrange le rapprochement. Plus âgée de trois ou quatre ans et finalisant son quatrième degré, elle la chaperonne avant et après école. Elle sait ces choses-là, elle nous a vus tordre nos mouchoirs ou tournicoter autour du pot, forcément puisque c’est une "grande", elle est parfaitement à même de jauger nos piètres capacités et surtout l’absence de risque. Elle nous dit un jour, sûrement lassée de nous voir tourner en rond et à distance l’un de l’autre, devant les vitrines du bollewinkel ‘chez Pingouin’ : « Eh bien, qu’attendez-vous pour vous dire bonjour, serrez-vous la main, restez pas plantés là comme des piquets ! ». Ô la brave sœur. J’ai même pu les raccompagner ce jour-là jusqu’au domicile des Molens, rue de Bosnie, au 54. Timorés au point qu’une poignée de main est déjà un rude obstacle, on est quand même arrivés à marcher côte à côte. Hé meeerde, je crois que ma respiration va s‘arrêter, mon palpitant bat la chamade, je vais mourir ? D’ailleurs la sienne n’a pas l’air en meilleure forme, elle est au bord de l'apoplexie ! Non on a tenu le coup. Jour béni, si j’avais connu la procédure, et si mes vieux avaient été catho, j’aurais bien planté une bougie à St Antoine !
Plus tard, il est arrivé que je la voie au premier étage de son logis, au balcon, c'était un itinéraire que j’empruntais pour aller aux cinés de St Gilles. Fastoche. Petits signes de la main, mon cousin qui m'accompagne se paie ma tête. Pousse pas toi, salaud ! Oui mais elle ne pouvait jamais descendre. Durs à la détente ses vieux. Fumiers de parents ! À la rentrée scolaire suivante le charme fut probablement rompu par le changement d’établissement, l’éloignement, d’autres centres d’intérêt qu’il ne faut point rater. Je n’ai pas oublié son image, un morceau de Roi ma Rosette, et je fus ce Roi-là pour quelques semaines.    


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Un jour, je revivrai en Théorie,
car en Théorie tout se passe bien.


Dernière édition par Foudre Bénie le Mar 21 Juin - 14:32, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Lydie


avatar

Féminin Taureau Messages Messages : 7483
Date d'inscription 16/10/2013
Localisation Tarnos

MessageSujet: Re: Ma jolie Rose, rien qu’à moi et sans épines !   Mar 21 Juin - 13:45

j'aime beaucoup, une fraîcheur et de l'humour dans cette page d’écriture , on a l'impression de le vivre ! franchement bravo et c'est sincère et très belle histoire sourire (je vais vous mettre une page ou plus d'une nouvelle que j'ai commençais à écrire Wink )


[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Que cette journée t'apporte l'amour et la paix   [Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]  Invité
Revenir en haut Aller en bas
 

Ma jolie Rose, rien qu’à moi et sans épines !

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Forum Seniors :: Culture~Littérature~Santé :: NOSTALGIE-